Anémie chez le sportif : mécanismes, diagnostic et solutions pratiques

Anémie chez le sportif : mécanismes, diagnostic et solutions pratiques

Les athlètes, particulièrement ceux pratiquant des sports d'endurance, font fréquemment face à un problème méconnu : l'anémie chez le sportif. Cette carence en fer impacte directement leur énergie, leurs performances et leur récupération après l'effort. Le phénomène s'explique par des besoins en fer accrus, des pertes importantes pendant l'activité physique et une assimilation souvent insuffisante. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour adapter son alimentation ou envisager une supplémentation appropriée.

Les mécanismes biologiques de l'anémie du sportif

Chez les pratiquants de course à pied et autres disciplines d'endurance, plusieurs facteurs physiologiques se combinent pour entraîner progressivement une carence en fer. C'est pourquoi l'anémie du sportif touche particulièrement les sportifs d'endurance.

Déficit absolu en fer et épuisement des réserves

Le vrai déficit en fer survient quand les réserves de fer de l'organisme s'amenuisent. La production d'hémoglobine - la molécule transportant l'oxygène dans le sang - baisse alors progressivement. Un taux de ferritine inférieur à 30 µg/L (avec une CRP normale) signale ce déficit avant même l'apparition d'une anémie ferriprive déclarée, altérant déjà les capacités musculaires.

Les athlètes constatent souvent une chute rapide de leur ferritine : de 60 à 40 µg/L en quelques mois d'entraînement intensif, même avec une alimentation équilibrée. Cela montre bien l'impact cumulé de l'activité physique sur les réserves ferriques.

Déficit fonctionnel en fer et inflammation

Dans certains cas, le fer est présent dans l'organisme mais reste inutilisable. Ce déficit fonctionnel apparaît lorsque l'hepcidine (une hormone régulant le fer) bloque son absorption intestinale et sa libération par les cellules après un effort intense ou en cas d'inflammation chronique.

Le dosage de la ferritine peut alors paraître normal voire élevé, mais le fer reste indisponible pour fabriquer les globules rouges. Dans ces situations, une simple supplémentation orale montre souvent ses limites.

Pertes accrues et hémolyse mécanique

La répétition des impacts au sol pendant la course à pied provoque une destruction des globules rouges (hémolyse mécanique). À cela s'ajoutent les micro-saignements digestifs, les pertes par la sueur et d'autres mécanismes liés à l'effort intense, participant tous à la carence en fer.

Certains coureurs perdent ainsi chaque jour l'équivalent de leurs apports recommandés en fer (1 à 2 mg), ce qui conduit inévitablement à une anémie ferriprive si des mesures correctrices ne sont pas prises.

Hémodilution et pseudo-anémie de dilution

Cycliste sur route montagneuse en vélo de course rouge, casque blanc et lunettes, en pleine montée dans le paysage rural.

L'adaptation à l'entraînement augmente le volume sanguin, ce qui donne l'impression d'une baisse de l'hémoglobine alors qu'il s'agit juste d'une dilution (pseudo-anémie). Le volume globulaire moyen (VGM), la ferritine et la saturation de la transferrine restent normaux dans ce cas. Contrairement à une véritable anémie ferriprive, cette adaptation naturelle n'affecte pas la performance sportive.

Cette forme particulière d'anémie, fréquente chez les pratiquants de sports d'endurance, demande un suivi attentif plutôt qu'une supplémentation automatique. Par exemple, chez un nageur de longue distance présentant un taux d'hémoglobine légèrement abaissé mais une ferritine normale, on observe généralement une adaptation bénéfique à l'effort intense, caractéristique de l'anémie du sportif.

Déficiences nutritionnelles et troubles érythropoïétiques

Divers facteurs comme les carences en vitamine B12 ou en folates, les problèmes d'absorption intestinale (maladie cœliaque, gastrite), ou les saignements chroniques peuvent affecter la production de globules rouges sains. Prenez le cas d'un triathlète végan avec un faible taux de B12, une fatigue constante et une ferritine limite : cela montre bien l'importance d'un bilan complet pour prévenir la carence martiale et maintenir un bon niveau d'entraînement.

Diagnostic précis et interprétation des marqueurs sanguins

Diagnostiquer correctement l'anémie du sportif nécessite une analyse fine des marqueurs biologiques, en tenant compte des adaptations spécifiques liées à l'entraînement. Une évaluation incomplète ou mal interprétée peut conduire soit à une supplémentation inutile, soit à passer à côté d'une véritable carence en fer.

Bilan sanguin recommandé et timing du prélèvement

Le bilan idéal doit inclure : une numération complète (hémoglobine, hématocrite), le dosage de la ferritine, du fer sérique, de la transferrine, de la TSAT, ainsi que des marqueurs inflammatoires si nécessaire. Pour des résultats fiables, le prélèvement doit être fait au repos, après 48 à 72h sans effort intense.

Attention : un exercice physique intense augmente temporairement l'hepcidine et les marqueurs d'inflammation, ce qui peut fausser les résultats. Pour évaluer correctement les réserves en fer, le dosage doit être réalisé le matin à jeun, pendant une phase d'entraînement modéré.

Seuils pratiques et interprétation clinique

Une ferritine inférieure à 30 µg/L (avec CRP normale) indique des réserves en fer insuffisantes. Pour les sportives d'endurance, un taux entre 40 et 50 µg/L est idéal pour éviter la diminution des performances. Une TSAT sous 20% révèle quant à elle une mauvaise utilisation du fer, même avec une ferritine apparemment correcte.

Le dosage de la CRP permet de faire la différence entre une ferritine élevée due à de bonnes réserves et une augmentation liée à l'inflammation. Ainsi :

  1. Ferritine à 25 µg/L + hémoglobine normale → supplémentation conseillée
  2. Ferritine à 80 µg/L + TSAT basse + CRP élevée → cette configuration suggère plutôt un problème d'inflammation à traiter avant toute supplémentation massive.
Marqueur Valeur normale Carence probable Action recommandée
Ferritine ≥ 40-50 µg/L (sportifs) < 30 µg/L (CRP normale) Supplémentation + investigation
TSAT ≥ 20% < 20% Adapter absorption et timing
Hémoglobine H: 13-17 / F: 12-15 g/dL Niveaux inférieurs aux seuils OMS Traiter l'anémie ferriprive
CRP < 5 mg/L > 5 mg/L Reconsidérer la lecture de la ferritine

Hémodilution versus vraie anémie

Il est crucial de distinguer une pseudo-anémie due à l'hémodilution d'une anémie ferriprive avérée pour éviter des traitements inutiles. En cas d'hémodilution physiologique, les marqueurs comme le VGM, la ferritine et la TSAT restent normaux, même si le taux d'hémoglobine diminue légèrement. Ce mécanisme améliore la fluidité du sang et optimise l'oxygénation des organes.

À l'opposé, une carence en fer (ou ferriprive) se caractérise par une ferritine basse, une TSAT réduite et parfois une microcytose avec un VGM faible. L'analyse des symptômes et l'évolution de ces paramètres après une période de repos permettent de confirmer le diagnostic.

Causes fréquentes d'insuffisance d'assimilation et de pertes

Comprendre les raisons derrière la carence en fer chez le sportif, qu'elle soit due à une mauvaise absorption ou à des pertes excessives, permet de mettre en place des solutions adaptées. Les athlètes cumulent souvent plusieurs facteurs qui favorisent cette carence, créant un cercle vicieux entre pertes de fer, inflammation, mauvaise assimilation et récupération incomplète.

Atteintes gastro-intestinales et malabsorption

Certaines conditions comme la maladie cœliaque, la gastrite, les infections à H. pylori, les chirurgies gastriques ou la prise prolongée d'inhibiteurs de la pompe à protons réduisent significativement l'absorption du fer. Par exemple, un cycliste présentant des selles noires, une ferritine basse et des symptômes d'anémie devrait consulter un gastro-entérologue avant d'envisager une supplémentation importante.

Le stress oxydatif causé par un entraînement intense fragilise la paroi intestinale, augmente sa perméabilité et stimule la production d'hepcidine, une hormone qui bloque l'entrée du fer dans le sang. Cette réaction inflammatoire peut aggraver les symptômes, ralentir la récupération et compromettre l'assimilation du fer malgré une alimentation équilibrée.

AINS et micro-hémorragies intestinales

Athlète allongé sur tapis de yoga en position de détente après exercice; corps étendu dans une salle de sport avec partenaires au sol.

La consommation régulière d'anti-inflammatoires non stéroïdiens provoque des micro-saignements digestifs souvent invisibles jusqu'à ce que les réserves en fer s'épuisent. Pour un coureur de course à pied, ces pertes sanguines silencieuses peuvent passer inaperçues jusqu'à l'apparition de signes d'anémie du sportif pendant l'effort.

Préférer des méthodes alternatives comme la cryothérapie, les massages ou une alimentation anti-inflammatoire favorise une meilleure récupération, protège l'intestin et prévient les carences en fer liées aux AINS.

Cycle menstruel et pertes gynécologiques

Les menstruations augmentent considérablement les besoins en fer des sportives, particulièrement lorsque des micro-saignements digestifs et une inflammation post-entraînement viennent s'ajouter. Une athlète perdant 80 mL de sang par cycle aura du mal à compenser sans stratégie nutritionnelle adaptée.

En cas de saignements abondants, un suivi gynécologique associé à une supplémentation en fer permet d'éviter l'anémie du sportif. Adapter l'entraînement en fonction des phases du cycle menstruel réduit la production d'hepcidine et favorise la reconstitution des réserves de fer.

Régimes végétariens et véganes

Le fer d'origine végétale (non héminique) est bien moins assimilable que le fer héminique présent dans les produits animaux. Les sportifs vegan doivent donc augmenter leurs apports d'environ 80% pour couvrir leurs besoins. Sans ces ajustements, les risques de carence en fer augmentent significativement chez les pratiquants d'endurance.

Certains composés comme les phytates, tanins et calcium réduisent encore l'absorption, mais des techniques comme le trempage, la germination ou la fermentation peuvent améliorer la biodisponibilité du fer végétal. Ces pratiques aident à minimiser les symptômes de carence et soutiennent la performance.

Transpiration et sports à impact

La transpiration entraîne des pertes en fer estimées entre 0,2 et 0,5 mg par litre, particulièrement importantes lors d'efforts prolongés dans des conditions chaudes. Les disciplines à fort impact comme la course à pied provoquent en plus une destruction mécanique des globules rouges, ce qui peut entraîner une baisse progressive de la ferritine après plusieurs mois d'entraînement intensif.

Prévention nutritionnelle et optimisation de l'absorption

Pour les athlètes, adopter une alimentation riche en fer est la meilleure prévention contre l'anémie chez le sportif. Cette approche permet de maintenir des réserves optimales de fer, tout en minimisant les facteurs qui gênent son absorption et en détectant rapidement une baisse de la ferritine.

Sources alimentaires et biodisponibilité

Les viandes maigres (bœuf, volaille, poisson) apportent du fer héminique, absorbé à 15-35%. Ce type de fer comble efficacement les besoins élevés des sportifs d'endurance. Par exemple, 100g de viande rouge maigre fournissent environ 2.5mg de fer hautement assimilable, ce qui booste significativement l'apport en fer quotidien.

Pour les régimes végétariens, combiner des aliments riches en fer d'origine végétale (lentilles, tofu, épinards) avec de la vitamine C (agrumes, kiwi, poivron) améliore l'absorption jusqu'à 4 fois. Un bon exemple : des lentilles accompagnées d'une salade de poivrons et d'un jus d'orange.

Techniques culinaires pour améliorer la biodisponibilité

Faire tremper et germer les légumineuses ou céréales réduit leur teneur en phytates, ces composés qui bloquent l'absorption du fer. Utiliser une poêle en fonte pour cuisiner ces aliments ajoute également du fer assimilable - un vrai plus pour les sportifs.

Privilégier des céréales enrichies au petit-déjeuner ou un porridge fortifié permet aux sportifs, particulièrement végétariens, d'atteindre leurs besoins sans avoir recours trop rapidement à la supplémentation.

Inhibiteurs d'absorption à éviter

Thé, café et produits laitiers (riches en calcium) pris lors des repas réduisent l'absorption du fer. Il est recommandé de les consommer au moins 2 heures après. Cette simple habitude optimise l'efficacité des repas et peut éviter d'avoir à supplémenter.

Les céréales complètes apportent des fibres bénéfiques mais contiennent aussi des phytates. Les choisir enrichies ou les combiner avec de la vitamine C (par exemple avec un jus d'orange) contourne cet obstacle. À noter : un café bu juste après un repas riche en fer peut diminuer l'absorption de plus de 50%.

Correction des carences associées

Avant de prescrire une supplémentation en fer, il faut vérifier les niveaux de vitamine B12 et de folates, essentielles à la production de globules rouges. Un athlète végan avec une B12 basse nécessitera une correction spécifique pour rétablir une production sanguine optimale.

Dépister d'éventuels troubles digestifs (comme la maladie cœliaque) permet d'améliorer durablement l'absorption du fer et d'éviter les rechutes après normalisation de la ferritine. Un bilan complet est donc crucial.

Conseils pratiques pour végétariens et véganes

Manger plus fréquemment des aliments riches en fer compense la moindre biodisponibilité des régimes végétaux. La combinaison systématique avec de la vitamine C (ex : tofu + poivrons) maximise l'absorption et prévient les carences.

Si malgré ces mesures la ferritine descend sous 40µg/L, une supplémentation devient nécessaire pour éviter l'épuisement des réserves chez les sportifs. Un contrôle sanguin tous les 3-6 mois permet un suivi optimal.

Traitement oral du fer : posologie et timing optimal

Pour réussir une supplémentation en fer par voie orale, il faut adopter une approche méticuleuse. Cela permet de maximiser l'assimilation du fer tout en minimisant les désagréments digestifs. L'horaire de prise par rapport aux séances d'entraînement et la combinaison avec certains nutriments jouent un rôle clé dans l'efficacité du traitement.

Dose élémentaire et schémas de supplémentation

Les spécialistes conseillent généralement un apport quotidien de 60 à 100 mg de fer élémentaire - qu'on trouve notamment dans le sulfate ferreux. Alterner les jours (60 mg un jour sur deux) présente plusieurs avantages : cela améliore l'absorption en limitant la production excessive d'hepcidine et atténue les effets secondaires comme les nausées.

Ce rythme intermittent permet de maintenir le traitement sur le long terme. Pour les sportifs, prendre 60 mg au réveil un jour sur deux permet de reconstituer les réserves de ferritine aussi efficacement qu'une prise quotidienne, mais avec une bien meilleure tolérance.

Association avec vitamine C et éviction des inhibiteurs

L'ajout de 200 mg de vitamine C (ou simplement un verre de jus d'orange frais) multiplie par deux l'assimilation du fer. L'acide ascorbique transforme le fer ferrique en fer ferreux, une forme bien plus facilement absorbée par l'organisme.

Il est crucial d'éviter dans les deux heures qui entourent la prise : thé, café, calcium ou compléments de zinc. Avec les antiacides ou IPP, respecter un délai de trois heures pour préserver l'acidité gastrique nécessaire à une bonne absorption.

Timing vis-à-vis de l'entraînement

Un effort intense provoque une augmentation de l'hepcidine durant 3 à 6 heures après l'exercice, ce qui bloque partiellement l'absorption du fer. La stratégie optimale consiste soit à prendre le complément à jeun le matin, soit à attendre 2-3 heures après un entraînement intense.

Exemple concret : une athlète prend 60 mg de fer avec de la vitamine C au lever, évite le petit café matinal pendant deux heures, s'entraîne en fin de journée et reporte toute autre supplémentation à au moins deux heures après sa séance.

Gestion des effets secondaires

En cas d'inconfort (nausées, crampes, constipation), plusieurs solutions existent : essayer le bisglycinate de fer, réduire la dose à 30-40 mg ou maintenir le schéma alterné. Prendre le complément avec une petite collation peut améliorer la tolérance, même si cela réduit légèrement l'absorption.

Les selles foncées sont normales pendant la supplémentation. Par contre, des douleurs abdominales sévères ou des vomissements répétés nécessitent une consultation médicale rapide.

Fer intraveineux : indications et surveillance

L'administration de fer par voie intraveineuse représente une solution efficace lorsque les traitements oraux ne fonctionnent pas ou sont mal supportés. Ce mode d'administration permet de contourner les problèmes d'absorption digestive, mais nécessite une surveillance médicale rigoureuse et un suivi régulier.

Indications pour le fer IV

Le fer IV est particulièrement indiqué en cas d'intolérance sévère aux compléments oraux, de non-réponse après 4 à 8 semaines de traitement bien suivi, ou lorsqu'une correction rapide s'avère nécessaire avant une compétition sportive importante. Il est aussi recommandé pour les cas d'anémie ferriprive sévère avec symptômes cliniques marqués et absence d'amélioration des taux de ferritine et d'hémoglobine.

Exemple concret : un athlète de haut niveau dont le taux de ferritine est à 8 µg/L, deux semaines avant une compétition majeure, pourrait envisager une perfusion de fer en concertation avec son médecin du sport et un hématologue pour retrouver rapidement ses capacités physiques.

Administration et précautions

Les perfusions doivent être réalisées par un professionnel de santé dans un environnement médical adapté, avec une surveillance rapprochée pour détecter d'éventuelles réactions allergiques. Les nouvelles formules comme le fer carboxymaltose ou le fer isomaltoside présentent une meilleure tolérance que les anciennes préparations.

Une seule dose de 500 à 1000 mg suffit souvent à reconstituer les réserves de fer, avec une augmentation visible de la ferritine dans les 2 à 4 semaines qui suivent. Ce traitement ne dispense pas d'identifier et de traiter la cause sous-jacente du déficit (pertes sanguines, troubles d'absorption...) pour prévenir les rechutes.

Surveillance post-traitement

Après un traitement par voie intraveineuse ou orale, les taux d'hémoglobine et de réticulocytes doivent être contrôlés entre 2 et 4 semaines pour vérifier l'efficacité du traitement. Un dosage de la ferritine après 8 à 12 semaines permet d'ajuster la durée de la supplémentation, généralement maintenue trois mois après normalisation pour reconstituer complètement les réserves.

Si malgré une supplémentation bien conduite aucun progrès n'est observé, d'autres causes doivent être recherchées : malabsorption importante, saignements occultes, maladie inflammatoire chronique ou carence associée en vitamine B12 et folates qui pourrait perturber la production de globules rouges et perpétuer l'anémie ferriprive.

Impact sur la performance et ajustements d'entraînement

Les athlètes souffrant d'une carence en fer, même légère, voient leur performance sportive diminuer et leur temps de récupération augmenter. Réduire temporairement l'intensité et le volume des entraînements permet de restaurer les réserves de fer et d'optimiser l'efficacité de la supplémentation en fer.

Signes cliniques et retentissement sur la performance

Les principaux symptômes comprennent une fatigue anormale pendant l'effort, un essoufflement précoce, une chute de la VO 2 max pouvant atteindre 30%, ainsi qu'une récupération laborieuse. Ces signes conduisent inévitablement à une diminution des performances et freinent les progrès à l'entraînement comme en compétition.

Chez un cycliste perdant 5% de VO 2 max malgré un programme adapté, corriger rapidement un taux de ferritine trop bas et reprendre progressivement l'entraînement permet souvent de retrouver son niveau de performance sportive. Détecter ces signes rapidement évite l'aggravation vers une anémie sévère.

Ajustements pratiques de l'entraînement

Lorsque le taux de ferritine baisse ou qu'une anémie se déclare, diminuer d'environ 20% le volume et l'intensité pendant deux semaines réduit l'inflammation post- effort et la production d'hepcidine. Cette adaptation favorise l'absorption du fer fourni par la supplémentation et accélère la reconstitution des réserves de fer.

Privilégier des séances de récupération active, réduire les fractions intensives et augmenter les périodes de repos aide à normaliser plus rapidement le statut ferrique. Une fois la ferritine remontée au-dessus de 50 µg/L et les symptômes disparus, on peut réintroduire progressivement le volume habituel d'entraînement sur deux à quatre semaines.

Contrôles périodiques recommandés

Pour les athlètes féminines, un bilan ferrique tous les trois à six mois est recommandé, tandis que les hommes pratiquant des sports d'endurance devraient effectuer ce contrôle au moins une fois par an. Des vérifications en pré-saison, mi-saison et post-saison permettent d'ajuster l'alimentation et la supplémentation avant l'apparition de symptômes liés à la carence en fer.

Ce suivi régulier identifie rapidement les athlètes à risque et prévient toute diminution des performances causée par l'épuisement des réserves de fer. Durant les phases d'entraînement intensif, des contrôles plus fréquents permettent de détecter précocement une chute brutale de la ferritine.

Stratégie globale de prévention et traitement

Prévenir et traiter l'anémie du sportif nécessite une approche complète combinant des bilans biologiques réguliers, une alimentation adaptée, des modifications de l'entraînement et une supplémentation bien dosée. Ce plan d'action permet de maintenir des réserves de fer optimales et de préserver la performance sportive sur le long terme.

Les recherches démontrent que les athlètes soumis à des séances d'effort prolongées présentent souvent des carences en fer pouvant évoluer vers une anémie. Apparue dans les années 60, l'expression "anémie du sportif" désigne non seulement l'hémodilution due à l'augmentation du volume sanguin, mais aussi une baisse réelle des taux d'hémoglobine. Les besoins accrus en fer, les pertes par transpiration ou saignements digestifs, ainsi qu'une nutrition inappropriée épuisent les réserves, particulièrement chez les femmes et les sportifs d'endurance. Bien que l'anémie ferriprive reste peu fréquente, le contrôle régulier de la ferritine permet de détecter précocement des carences et d'ajuster la supplémentation. En savoir plus sur l'anémie du sportif

Chez les coureurs et autres pratiquants d'endurance, plusieurs facteurs contribuent au développement de l'anémie : destruction mécanique des globules rouges, pertes sudorales importantes, micro-saignements intestinaux et cycles menstruels. Un bilan sanguin complet (incluant hémoglobine, VGM, ferritine, saturation de la transferrine et CRP) permet de différencier une véritable carence (ferritine < 30 µg/L, CRP < 5 mg/L ou TSAT < 20%) d'une simple dilution du sang. Pour optimiser l'assimilation, le fer doit être pris à jeun, éloigné des tanins du thé et café, et accompagné de vitamine C - idéalement avant que l'hepcidine ne diminue son absorption dans les 3 à 6h suivant l'effort. Un suivi trimestriel à semestriel, associé à une alimentation riche en fer (viandes rouges, légumes secs, cuisson en fonte) et une modulation temporaire du volume d'entraînement, constitue la meilleure prévention. Prévenir l'anémie et booster vos performances sportives

Foire aux questions

Qu'est-ce que l'anémie du sportif et comment la différencier de l'anémie classique ?

L'anémie du sportif survient principalement chez les athlètes pratiquant des efforts prolongés d'endurance. Elle peut résulter de plusieurs mécanismes : destruction des globules rouges (hémolyse d'impact), pertes de fer par la transpiration ou le système digestif, ainsi qu'une baisse d'absorption pendant l'effort. Après l'entraînement, la production d'hepcidine entrave l'utilisation du fer et retarde la récupération. Certains cas montrent également une pseudo-anémie de dilution, où l'augmentation du volume de sang masque artificiellement un taux normal de globules rouges. Le vrai diagnostic nécessite un dosage complet incluant la ferritine, l'hémoglobine, la TSAT et la CRP, pour éviter toute confusion avec une anémie classique et adapter le traitement en conséquence.

Quels sont les symptômes spécifiques de la carence en fer chez les athlètes ?

Les athlètes souffrant d'une carence en fer présentent souvent des signes avant-coureurs : performances en baisse, essoufflement inhabituel à l'effort, fréquence cardiaque élevée au repos et temps de récupération anormalement long. Des troubles cognitifs (difficultés de concentration), une fatigue persistante, des cheveux fragiles ou des envies inexpliquées de glace peuvent aussi alerter sur un manque de fer. Ces symptômes apparaissent avant même que l'anémie ne soit avérée. Un bilan sanguin précis - avec dosage de la ferritine et de l'hémoglobine - reste indispensable pour confirmer le diagnostic et intervenir rapidement.

Peut-on continuer l'entraînement intensif avec une anémie diagnostiquée ?

S'entraîner intensivement malgré une baisse du taux de fer aggrave l'inflammation et maintient l'hepcidine à un niveau élevé, ce qui bloque davantage l'utilisation du fer par l'organisme. Les spécialistes recommandent généralement de réduire temporairement (1 à 2 semaines) le volume et l'intensité des séances d'environ 20 %, le temps que la ferritine retrouve des valeurs optimales (>50 µg/L) et que les symptômes disparaissent. Pour les sportifs de haut niveau dont la compétition approche, des perfusions de fer (strictement encadrées médicalement) permettent parfois d'accélérer la récupération sans interrompre totalement la préparation.